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Poème dédié à Delia Broc

Site Web : http://deliabroc.com
http://abstractionnarrative.net



Un jour,
Je viens chez un ami, en une nuit de décembre si entamée de neige, comme tombant du ciel ce blanc, que tu ne connaissais que par ta venue d'ici.
Et je revis la peinture que tu lui offris, comme pour le remercier de montrer tes peintures dans l'ancien et le nouveau monde.
Elle avait cette surface si ajustée de tons, et comme le caractère d'une page écrite sur un jour en Colombie.
Toi, notre jeune amie de notre jeune groupe d'artistes,
tu y mis l'éruption du volcan, la plage où pond la tortue, ces chemins de Colombie où règne la terre de Sienne, le bleu de la mer qui se signe de l'outremer, en tutoyant la nuit.
Et le vert qui s'éclaboussait comme la mousse de la vague qui se perle dans la mer des Caraïbes.
Aussi, j'y vis, que sous ces cieux d'occident, tu t'inventais à nous le faire sentir, comme un sourcier qui sait que l'eau n'est plus loin à jaillir.






Poèmes sur les peintures et l'œuvre d'Hélène Grebeauval

Blog : http://helene.lou.over-blog.com
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Dans tes peintures, tout doit être grand, sur tes toiles, qui sont larges comme des draps de lin, et pleines de couleurs.
Et toi, tu portes au mur toutes ces choses que l'on dit être faites par un peintre, comme un figuier s'empare d'un parvis d'un jardin.

Et toi, tu fais de tes variations des couleurs de l'orange, que tu jettes, comme une bouteille à la mer,
ou comme une élancée de mots de poètes qui doivent être rares de précision et d'incision, dans ton désir si présent d'espace.
La grandeur de tes toiles ne se plaint pas de çà, elle l'accepte, comme on pense à une partie du rêve du monde
Peut-être parce que le geste du semeur te ressemble, comme on lance une poignée de grain de blé dans un champ.

Toi, tu sais aussi que le trait est comme une flèche qui éclate l'espace de nos espoirs.
Et quant tu fais exister les bruns et les terres de sienne, qui s'inventent aussi suave que cette couleur qui s'appelle marron, on songe à l'automne.
Et tombant dans ces moments, tu recueilles toute pleine de mélancolique, ce fruit que l'on nomme le marron.
Souvent long est le chemin de l'écolière, qui ramène à sa mère le fruit de l'automne.
Tu te souviens de tout cela, mais tu fais semblant de le savoir.
La mémoire est parfois aussi secrète qu'un puits plein d'eau.





Dans tes toiles, tu mets des traits aussi longs que la course d'une flèche dans le ciel,
comme des roseaux seraient coupés par un pécheur à chaque matin d'un nouveau jour.
Mais le ciel est haut, et un geste d'homme ne va pas si haut, alors tu fais parler ta peinture.

Et si la couleur orange est là, comme le bistre, le beige, c'est que tu veux conjuguer ces teintes, comme pour nous emmener vers un ailleurs dont toi seul connais le chemin.
Comme pour aussi nous rappeler que la chair de ce fruit si emplie de symboles doit rester dans notre mémoire d'humain.

Toi, tu nous dis qu'il dégage son secret des senteurs venues d'orient, que tu portes en toi, comme un talisman,
celui qui évoque la rose des sables, le murex du vendangeur, qui porte chaque jour son panier d'oranges au marché.
Lui, il sait comment les cueillir sans blesser leur parfum.

Et, il y a des vagues de couleurs beiges qui s'échouent dans tes toiles, comme à chaque matin du monde.
La couleur du seigle et du prunier y sont mélangées, comme devant une aurore au grand canyon, si profond d’éternité, que l'on croit que cela à existé.
Mais ce n'est qu'un rêve, que tu sais nous dépeindre.
Pour toi et pour nous, il y a ta mémoire qui se veut témoin de ce monde en train de passer.





Parfois, en pleine partie d'un tableau, le vert se pose comme une forme de cœur, et là surgit ta tactique d'artiste à enfin nous déclarer que tu as aussi dans tes besaces des rouges à faire sonner une flûte de pan dans la nuit.
Moi, je sais, depuis peu de temps, que tout ces traits que tu mets sur tes toiles appellent ces nasses de couleurs vives, comme pour se mêler à nos mémoires d'humains, faites à la fois d'histoires pleines de bonheurs et de malheurs.

Mais, comme tout le monde, je sais bien que la mémoire de chacun peut-être fluide et fugace.
Et toi tu ne veux pas que notre regard échappe à tout cela, comme pour repousser la mécanique de l'horloge du temps.
Car il y a celles que l'on veut oublier et celles qui se prolongent, loin dans le temps.

A nous de choisir, comme on choisit entre 2 chemins à prendre.
Un conteur d'histoire dirait tenace est la présence de tes couleurs, comme le long vol de l'albatros sur l'océan.
Il te faut attendre le regard des hommes qui souvent oublient que la création du monde les sauve.





Comme toujours doit arriver l'heure du midi, qui partage le moment d'une de tes journées, où il y a parfois cette couleur orange.
Et il y a là, dans ces précieux moments, comme venue du hasard, l'écho de l'écorce de ce fruit du même nom, mais çà il nous faut le deviner, en sachant regarder tes toiles, avec une rare patience.
Un chaman dirait c'est une écorce comme une carapace de tortue, presque si pressée de se parer de plumes de l'oiseau, pour plaire à la rivière.
Elle, elle se veut ce simple trait qui parcourt le monde.





Comme un musicien sait faire une note de mi, tu sais peindre le brun, de la couleur des champs.
C'est comme un talc tiré de la terre, fait si fin à semer des grains d'arbres fruitiers
et souvent après çà, il y a plein de couleurs qui donnent parfois l'espoir à remplir le cœur du pré et de la plaine.
Si cela peut rassurer ta foi d'artiste, j'ai souvent vu l'abeille se poser dans ces espaces à construire un lendemain.





J'ai le souvenir de verts de toi, tout ronds, comme des ballons qui jouent avec des arbres.
Eux qui se tiennent debout, par nécessité d'être.
Et toi, tu as un si grand désir de couleurs, comme on franchit une rivière, ou comme l’on regarde en dedans de soi-même, où l'on cherche les forces pour survivre.

Alors vient le rouge, celui du feu, qui se couche souvent dans la nuit, pleine de pluie d'étoiles.
Et il est aussi présent dans tes formes, qui se veulent si imprévisibles, que sont tes jeux de couleurs.
Tu dois te rassurer, parfois l'étoile vient s'allumer dans le noir de la nuit, où l'on cache ces rêves d'amour.





Il y a mille mots pour dire qu'à chaque lendemain commence une nouvelle peinture, pleine de nouvelles couleurs.
Comme il y aura un nouveau ciel chaque jour que tu vivras.
Mais comme tu sais déjà que peindre est un acte de survie, il te faut continuer,
seule ou avec le spectacle du monde pour t'inspirer et t'accompagner.
Peu importe, tu n’es pas au bout de ta vie d'artiste, qui vient juste de naître.





Au désert, où la couleur est rare, le touareg sait qu'il n'y aura jamais autant de couleurs que dans tes toiles.
Lui, il regarde la partie du fleuve qui se courbe comme les traits que tu mets dans tes peintures.
Tout me rappelle, ces ailes de grues couronnées qui dansent, comme des cheveux de femme sous le vent.




Journal de bord d'Ulysse

Haut de page Nous partîmes, sous un ciel bleu comme une mer amoureuse.
Et, quant la tirade mouilla dans l'estaque, nous virent d'étranges créatures qui chantaient des mélopées enivrantes, comme un hydromel d'Orient.
Nous pensâmes que des centaines de jours vous séparaient de vos terres, où l'olivier mûrit au soleil, comme une prune à la chair sucrée.

Vert de manganèse, bleu d'Orion et gris perlé de la tourterelle.
Vous vous dites, pourquoi ces paysages, ces palais aux murs peints de mosaïques, vantant des dieux que vous ne connaissiez pas ?
Pourtant nous reconnûmes le désert, les tempêtes, et les animaux de votre monde peint au milieu de mille fleurs aux formes flamboyantes.

Nous restâmes sept jours, comme les jours d'une semaine d'aujourd'hui.
Puis vint ce jour de revenir, mais les vents vous éloignaient chaque jour un peu plus d'Ithaque.
Alors, les étoiles qui brillaient chaque soir vous guidèrent, comme dans un jeu de mécano, où il faut trouver la bonne pièce pour construire l'objet convoité.

Objet d'un jour pour de multiples lunes, sans en comprendre et savoir le point d'arrivée.
Dans les remue-ménage du fer et des pierres, vous reviendrez à l'heure du tissage de vos femmes.
L'eau est longue, et le temps se divise en trois parties du jour, que nul humain ne sut transformer.