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Chroniques d'une Californie Souvenir d'un jour avec toi



Hommage au poète Hubert Juin




Quand le grand ara d'Amazonie viendra me le dire, et quand je saurai qu'il me faudra parler, je me ferai le narrateur de vos pérégrinations, avec un sac rempli tout net de vœux, pour vous aider à gravir les plus hauts montagnes du monde, que moi je ne connais pas.

Je ne vis que leurs pleins de lumières sur leurs sommets, veloutés de neiges de coton.
Et pour toi je veux retenir le ciel et les nuages passant juste un instant, si inexplicable comme ton être, alchimie du léopard des neiges et du grand cacatoès.

Et comme dans un roman de pirate, où les hommes sont mi-hommes et mi-êtres de la mer, mon histoire commence par la venue d'une fauvette racontant l'histoire de la plaine aux contes à faire rêver un meunier.
Blés du semeur d'orge et de millet aux mille lumières d'étain.
Douceur de la cerisaie et de la vague du blé.
Souvenir d'enfance d'un garçon, ami d'un cheval et d'une colombe aux ailes d'azur.
 
Ta voix est ambrée comme le goût du sucre de canne qui séduit de son parfum l’étoile de ta galaxie et des ses vagues faites comme des scintillements, morceaux de terre de Californie.
Vagues fumantes d'écumes des soies de ta peau, séquoias de géants aux branches de Gulliver, canyons aux allures martiennes.
Dans mes rêves à l’aspect d’enluminures, le puma est plus fort que le dragon, et même que le rhinocéros à deux cornes.

Toi, mon bel oiseau, tu es comme ce vocabulaire d'un musicien où les sons s'ajoutent et se rassemblent, comme une partie de la nuit et du jour, dans un seul instant.
Ta voix empaillée d'or et de schiste que j’entendis était comme une fibule sur ton corsage d'époque romane.
Alors j'ai cru que je devais réveiller l'étoile pour te dire que ta destinée était d’être l'assembleur de quartiers de lune, à la blancheur de défenses d'éléphant.
Eux, ils sont seuls à la mesure de pousser les méandres de la rivière près de ta maison, comme une écume d’eau de mer se plongerait dans ton corps aux couleurs vives de perroquets.

Comme des rouges de vase Ming ou comme des couleurs à emplir les allées de ton jardin, comptant sur ta compassion de jeune amante.
Mystère de ton temps de jeune femme, mystère de la mesure des pas de l’hirondelle, mystère de tes mains aux senteurs d’Orient.

Toi, peut-être, tu as le rare privilège d’être la confidente du puma et de l’aigle, et toi qui es vêtue de soieries, de ta main tu leur donnas la fleur du nénuphar peinte comme l’emblème de l’existence de chaque jour où tu vis cela pour toi et pour nous.
L’arbre et le rocher savent que les contes des mille et une nuits ne sont pas de vaines histoires mais des actes de volonté et des preuves d’espoir, comme l’orchidée qui fleurit sans se préoccuper de l’histoire des hommes.





Hommages au poète Marc Piétri


Ne rejette aucun de mes mots écrits sur ces bouts de feuilles que je te laissais au petit matin, comme un enfant joue aux osselets.
Emporte moi aussi loin que tu le veux, désire moi dans tes rêves, et chaloupe mon corps à l'eau de calanque où brille le pin se levant pour toucher le nid de l'épervier
Lui, il vole comme un avion de papier fait par les mains d'un enfant rêvant d'être capitaine d'un catamaran.

Déplace moi, si près de tes cheveux, comme pour sentir l'hibiscus qui se noue à tes tresses.
Lianes d'une pluie tropicale, lianes de fleurs du désert qui s'ouvrent au bout de cent lunes.
Lianes de l'arbre aux cent écus, lianes pour attraper l'edelweiss, que l'on ne cite que dans des contes.

Depuis fort longtemps, peut-être as-tu regardé sous la peau de l'océan, pour y voir l'étoile de mer parler aux êtres du feu des volcans.
Rêve du sardinier, rêve du ramasseur d'éponges, de faire une pêche de Crésus.

Et c'est comme cela que commença le tissage de ta robe, que je n'aurais jamais cru être aussi belle, comme le jour de ta naissance.
Seul un ballet de danseurs peut imiter le mouvement de la mer et le vol de l'oiseau, se voulant un poème pour toi.
Ô ma bien-aimée, j'ai encore des jours à vivre près de toi, que j'ai encore le temps de penser aux fontaines où je boirais l'eau claire pleine d'avenir.
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En te dédicaçant ces rares lignes, comme on écrit un courrier à un cousin du bout du monde, je te dis qu'il y a eu trop peu de contes dans tes souvenirs de jeune femme, comme ces livres pour enfant que l'on nous offrait, en croyant que nous allions y croire.
Mais je n'en n’avais nul besoin, car c'est de toi que je rêvais, et tu en fus le début de mon récit d'homme.
Inattendu, comme le soleil collé sur la sierra, ton présage sur une terre d'écheveaux comme tes cheveux sont rares de ces matières si profondes comme l'encre est insondable.

Les oies sauvages que tu sais apprivoiser montèrent au pré des églantiers, rafistolés de senteur de noisettes, pour se rappeler ces odeurs du siècle dernier, que j'ai cru sortir des placards des tes tantes.
Elles qui lui apprirent des recettes à séduire les hommes.
et là devant mes mains, les draps de la mer, épais des souffles d'Eole, se changèrent en ailes de libellules, chrysalides de papillons aux ailes comme peintes par Breughel et Véronèse.

Tu sais que tu ne peux pas faire l'addition des jours, où tu fus sereine comme une rivière sauvage, mais juste avant de renaître, comme à chaque jour que tu te réveille, je peux espérer ton premier regard sur moi.
Amalgame plein d'étincelles d'étoiles que tu attrapes au lasso, comme j'épouse ta couche de mon corps d'homme.
Alors, passe devant toi, venant de je ne sais d'où, une mésange parlant à un herboriste des herbes qu'elle ne voit plus, sans en comprendre la raison.
Parfois, tout parvient à nous confondre et nous tromper, comme on ne sent plus l'horizon.
La beauté du monde finit par se révéler à moi, quant tu me parles de ton lendemain.
Je sais que je peux en faire partie, comme un bout de jardin aux mille couleurs.






Hommages au poète Sayat Nova
Poète Arménien (1712-1795)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sayat-Nova
En m'adressant au dernier régisseur des étoiles, magicien d'Oz par procuration, et moi en fouillant des bouts de parchemins que me vend l’épicier du dimanche, je sus qu'il n'y eut que juste quelques dizaines de centaines de lunes qui nous séparèrent.
Mais, j'en fis mon affaire, comme de te lire, et comme on lit dans un journal de nouvelles d'un monde à découvrir, j'ai su que comprendre le lendemain ne servait à pas grand chose.
Sauf simplement de pouvoir exister en fait la richesse de nos jours, et de leurs dimensions en façonne la raison d’être de notre monde.

Sayat, tu me diras la couleur est comme celle de la grenade, comme tu crois que ce fruit est inconnu d’ici, et comme esseulé d'un goût de la fonte d'un fruit à la chair sucrée, mémoire du parfum de la cerise.
Goût de ces fruits que cueillent nos femmes au printemps de la Catalogne, en chantant l'amour de leurs hommes.
Toi, Sayat, tu me dis que l’humanité, si pauvre d’incertitude, est comme un jeune oiseau sorti du nid, si noir de pesanteur.
Sayat, il n'y eut pas plus élevé que l’arbre annonçant l'été aux feuilles d’argent.
Merveilles de leurs danses, traduction de leurs habits aux couleurs d'occident et d’orient.


Toi, Sayat, tu portes haut ces fruits de vendanges de mots à réconcilier les âmes de deux êtres, comme tu apposes si simplement une feuille d’orchidée sur chaque sein de ton aimée.
Elle qui sait faire mûrir la grenade et la cerise au goût de mûre sauvage.
Le vol de tes doigts sur chaque papier que tu écrivis en fit comme des rivières d’Arménie aux sons d’étain d’un jardin de Babylone.

Au siècle où tu vécus, dans ces paysages comme des boutons de nacre sur un chemisier parsemé de couleurs rouges comme le cœur d'une jeune promise, existait la grande licorne, le dragon volant, le phœnix aux ailes d'or, l'aigle aux ailes d'azur et de bleus étincelants, le lion d'Asie à la crinière d'or et plein de tous ces animaux que l'on ne voit plus que dans des enluminures, à l'image des aventures de Sinbad le marin.
Le grand calamar dans l’océan, que tu ne connais pas dans ton Arménie, migre comme un voyageur au long cours sur la mer, entrecoupée de grandes lames.
Le plongeon du grand albatros n'habite pas le grand lac, près du mont Ararat.
A ces pieds, j’y goûte la confiture d'abricots aux goûts si rares que je m'y confonds, mais je sentis le vol des abeilles, dans les champs, où de la coiffe de ton amie, toi Sayat, tu fis naître un champ de tulipes.

Sayat, parfois me hantent les aquarelles du peintre A. Gorky, si peuplées de plantes de la vallée des merveilles, que je ne pus nommer ces fleurs.
Pourtant elles racontèrent tes songes de poète en pensant que tu pouvais devenir le vol de l'aigle.
Rare de son haut vol, rare de se montrer, comme les montagnes sont si hautes que les nuages n'y logent point.
Seule l'étoile ose s'en approcher.
Peut être entends-tu le bruit de la conque d'un chaman appelant les esprits du ciel pour guérir de jeunes amants de leurs disputes nées de l'orage, que connaît la terre le ciel et chaque couple d'humains.
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Toi, Marie Christine, mon amour, s’il faut que je t'attende dans le ciel, comme passe une banderole transportée par un avion y mettant ton prénom, j'attendrai.
S’il faut que j'attende les sons de la guitare de mon ami le guitariste Mc. Laughlin, alors dis-le-moi, en pensant au chant de l’oiseau, comme des mélodies du chant de tes matins, où tu attendis la verve du soleil naissant, seule explication de mes sentiments pour toi.

Mon amour pour toi monta comme les escaliers de Babylone que peignirent souvent les peintres du siècle dernier, mais ça tu ne le sus jamais.
Et, comme tu ne sus jamais que je désirais que tu fusses dans les dernières heures du règne d'Akhenaton, avec l'écrivain public, celui qui écrivit le récit des pyramides, avant que ne recouvra le désert de ce monde.
Actes inespérés de simples humains que nous sommes, d'en faire ce qui peut se mesurer à la force du soleil et de la lune.

Toi, ma jeune amie, tu vois le beau poisson d'Arménie, peint de traits d'un peintre, aux pinceaux fins comme des poils de zibeline.
Mais moi, au jour de neige du mont d’Ararat, je pense à ton regard de féline, qui s'éclaire comme une luciole.
Et moi j'y vis, comme poète, que l'attente de la colombe partant vers l'orient.

Avec toi, A .Gorky, tu sus peindre ces choses, comme celles qu'auraient pu voir mes amis, dont firent partie Bertrand et Elisabeth, compagnons de longue route.
Eux qui mirent avec patience, aux murs d'un salon d'art de notre occident, des peintures que l'on ne put en sentir leurs sources et leurs destins.
Là est tout le mystère de l'art de notre temps que tu ne peux connaître.
Peu importe, juste suffisent à mes amis, de toutes leurs forces réunies et de leur sincérité, d'être comme les témoins de toutes ces couleurs et de ces formes à faire suspendre le temps.


Toi, Sayat, tu te demandes pourquoi un peintre d'occident de ce siècle, est touché par tes poèmes, comme touché par les fleurs d’un jardin persan.
Tes poèmes, ceux que tu écrivis au moment où les miens ne connaissaient même pas encore la ville de Paris, capitale d'un roi nommé Louis.
Eux qui ne croyaient pas encore que la terre était ronde comme un ballon et qu'elle faisait une révolution autour du soleil, comme celle que fit notre peuple quelques années avant que tu ne meures, comme vivent encore des terres âgées de centaines d'années.

Et toi, Sayat, tu me dis avec mes mains, parcours les cheveux de ton aimée, si longs de méandres, comme le Rhin.
Pétales de marguerites, au mois de mars, je t'y vis nageant toute nue.
Comme des morceaux d'arbres flottant sur une rivière, firent tes lèvres, comme tes souvenirs.
Rouge est la cerisaie que surveille le garde champêtre.
Lui, cet employé d’une mairie du fond de la Provence, qui joue de la trompette de brocante.

Je mesure le poids de tes autres souvenirs, comme des mélodies de chanteurs d'avant -guerre, qui se font encore écouter dans ces vieux postes à galène.
Hauteur du poinsettia, délicatesse de la fleur de vanille de Madagascar, que je connus, comme le jacaranda, aux fleurs de couleurs bleu violet et de roses, que je ne sus jamais si leurs couleurs étaient vraies ou peintes pendant la nuit.
Toi, Sayat, tu vis ces signes de la vie comme on construit un boutre, bateau de fer et de bois naviguant sur la mer rouge, où la frégate et la sterne pondent leurs œufs, à la forme de coquillages de mer, murex des mers du sud.

Sayat, moi au lycée de Tananarive, où je voyais souvent ces jeunes filles que l'on n’osait approcher danser comme ces jeunes arméniennes dansent le chant nuptial de la grue.
Mais moi, jeune garçon qui n'avait pas encore lu tes poèmes, je faisais des balades à cheval dans des rivières et des futaies de bambou où s’envolaient des perruches comme des bouts de papier multicolores.
Je compris des années après la danse de la grue qu’imitent ces danseuses d'Arménie.






Hommage à Don Cherry
Musicien de jazz américain contemporain (1936-1995)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Cherry_%28musicien%29

Saz, naï, santour, sitar, tempura, tout compte pour les concerts de Don Cherry, à la nuit déjà entamée, comme un vaisseau est déjà au large.
Et moi, j'évoque les amis de Don Cherry, l'homme à la trompette aux sons comme sortis de nulle part, qui jouaient avec le saxophoniste, le batteur, le bassiste que toi, Sayat, le musicien de Saz, tu ne connus point.
Car ils furent inventés dans un siècle qui créa l'électricité, la république et l'avion, petit-fils de la montgolfière.

Mais dès que quelques percussions d'Afrique et du nouveau monde se firent entendre, personne ne put croire que tout ces instruments puissent s'accorder, comme s'accordent les mille roses d'un jardin persan, les nuages, et le bleu pur du ciel sur le mont Ararat.
L'habitude du nuage efface sa magie et sa prophétie.
A moins que tous ces bouts de terres et de jardins qui portent ton nom ne soient accompagnés de ces pas d'enfants jouant à la toupie.

Comme tu le fis, j'écoute les femmes raconter les histoires du rossignol et des roses, comme quand mes nuits passent comme l'arôme d'un café sous la lune.
Elle qui se jalouse des habits des danseuses, qui savait toujours reconnaître les sons du saz de Sayat Nova.
Guitare à la géométrie variable de chants d'oiseaux, comme le poinçon frappé de mille éclats d'émeraude, et comme fut juste de notes de musiques le murmure de la vague.

Et de mes horizons d'occidental, où ma vérité hésita à se déclarer, je ne saurais jamais s’il fallait te citer, ou ne rien dire de toi.

Je crois que le son de ta trompette, malgré les siècles et le continent qui vous séparent, me fait penser au son du Saz de Sayat nova que tu ne connus point.
Mais vous êtes tous les deux poètes, à chanter le rêve d'un monde inachevé, que moi-même je ne connais pas encore.
Peut-être viendra-t-il, dans d’autres futurs moments que j'attends de connaître, comme dans un printemps californien.
Rêve d'un poète d'occident qui écrit ce que lui inspirent vos chants d'amour et d'espérance.

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Hommage aux peintres Jackson Pollock et Mark Rothko



Longue langue inconnue et verte de forêt que tu importes du Pérou, tu y opposes les carrés de Rothko, les totems de Pollock, avec tes pas de jeune oiseau aux couleurs Mayas.
Toi, tu as devant le jour comme des choses à exporter comme des couleurs juste de tons, que l'on ne sait si elles purent exister, comme à l'opposé d'un monde de l'infiniment grand.
 





Hommage au guitariste compositeur Carlos Santana



Et pourtant ce fut cette simple guitare de Carlos Santana qui lâcha dans l'air ces quelques notes que l'on voulut épouser par nos rêves.
Eux, que l'on savait l'un pour l'autre et les uns pour les autres.
Mais les notes de sa guitare allaient toujours plus vite que nos envies de nous unir à ce que l'on croyait être des sentiments, noblesse d'emprunt de nos amours.
Je sus après que ce ne furent que des simples envies d'exister, l'un pour l'autre et l'un avec l'autre, dans un monde qui se consumait et séchait aussi vite qu'un linge mis à une fenêtre, pour devenir aussi sec qu'une terre sans eau.

Bruit du conga qui retentit comme le bruit d'une noisette que l'on éclate.
Roulent les sons sous les mains d'un percussionniste de rencontre un jour de cocagne avec toi.
Alors s'ajuste une nuit de concert à vibrer avec les ondes du soleil, comme ceux qui nourrissent le maïs et tutoient les champs de cactus.
Des animaux de la terre, le puma sait écouter, mais aussi surprendre comme le jeu de ta guitare qui s'enflamme dans la nuit.

Je n'ai point de lucioles plus lumineuses dans la nuit, pour répondre à tes accents de notes si hautes  que l'on croit qu'elles peuvent atteindre les sommets du monde.
Mais toi tu sais que ce ne sont que des notes  de guitaristes qui se répondent avec tous les bruits que la forêt connaît pour les inspirer.
Le soleil se met à parler comme dans des danses indiennes, là où ta guitare sait qu'il faut jouer.





Hommage au peintre italien Pierro Della Francesca (1412-1492)



A la marée des étoiles filantes en Italie, prends le poisson sous l'eau, déroule le à la terre, tant nécessaire aux paysages de Pierro Della Fancesca, et parsemés d'arbres en fleurs de Toscane comme des motifs à répétition des peintres du Quatrocentto,
Toi, tu y vois ces monts peints qui se détachent de l'horizon comme on enlève un drap de lit de bon matin d'équinoxe, sur cette terre de Judée, patrie d'adoption des personnages de notre ami peintre.

De ces mêmes montagnes vertes de printemps qui se détachent du ciel comme dans cette toile nommée "la visite de la reine de Saba au roi Salomon", tu nous racontes sa peinture.
Et dis lui que par delà le temps qui nous sépare, il peut se mettre à peindre des oiseaux dans ta maison, comme une colombe s'arrête de voler sur un baptisé dans une de ces fresques.
Là, où La pureté de l'air répond à celle de la terre.

Ta mélancolie est comme celle de ta libellule qui annonce la venue de femmes aux robes pavoisées de coquelicots.
Et, des vagues marines, tu veux revoir ces fresques italiennes comme pour effacer le temps et ressusciter la fin de leurs histoires que l'on ne connaîtra jamais.
Destins de peintures dans le cycle des siècles jusqu'à notre nouveau millénaire, où toi tu sais comprendre leurs secrets.

Et même si d'autres personnages de ces fresques de Pierro Della Francesca sont habillés de robes plissées telles des éclats de rubis, n'en sois pas jalouse.
Dans ces fresques où par moments des gens jouent du luth comme pénétrés par un regard d'inquiétude sur notre monde, moi je n'y vis d'abord que la beauté superbe des couleurs déployées telle une sorte d'arc en ciel de peintre, car la vague se repose toujours de la tempête comme le nuage de l'orage.
Mais toi, ma fidèle amie comme dans un triptyque de ce peintre, tu sais t'accomplir dans les 3 parties d'un jour, le matin, la journée et la nuit qui n'échappe à personne, sauf aux êtres de la nuit comme la chouette.





Hommage à Paul Celan



Je t’ai souvent entendu parler des rochers de ton jardin comme des écrits de toi posés sur le sol.
Parfois tu les pensais comme des pierres précieuses aux couleurs de miniaturiste, mais je savais qu’elles avaient la grandeur de fresques comme celles de murs vénitiens ou mexicains.
Près de ta rivière tous les mots que tu m’as écrits s’incrustent sur les berges comme des marques de ton amour pour moi.
Traduction de tes pensées, comme des concrétions des choses de l’espace et de la nature se mariant juste un jour d’alliance.

J’ai vu mon arbre préféré, le saule pleureur descendre ses bras vers ton corps.
Alors dans ces moments tout s’amalgame dans la profondeur de ton cœur.
J’ai mis à ton cou le plus beau collier que je pouvais trouver dans la nature.
Et de ce saule pleureur sont nées les plus belles couleurs de l’automne indien que je peignis pour toi.
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Hommage à Duke Ellington


Duke,
on t'appelait "the Duke", mais tu ne dois pas te douter du nombre d'artistes-peintres qui se sont inspirés de tes accords de musique, pour leurs jeux de couleurs, si composés  de tons vifs.
Alors que toi, jour après jour et nuit après nuit, tu joues ces notes de piano si longtemps qu’on ne sait plus quand la nuit finit.
Tes amies du Mississipi ramassent le coton et sa fleur, que l'on pourrait leur faire porter dans leurs chevelures, en écoutant ta musique.
Vibre l'air et sonne la trompette, comme des vagues qui frappent les falaises de l'océan atlantique,
Coule le son du saxophone, comme un rivière des monts d'Appalaches rythmée par les cascades et les chutes d'eaux, où s'apprivoise tout humain devant une nature à l'image d'un monde inchangé.

Ta musique et tes nuits qu'il nous faut comprendre comme quelque chose qui comptait plus que ta vie.
Sauf pour comprendre qu'il y aura toujours des notes qui s'ajoutent avec les lendemains de notre monde.
Mais peu importe, le souffle de ta musique est là comme pour nous donner un simple mais si solide brin d'espoir.





Hommages aux poètes grecs contemporains



Tout ce qui t'appartient me dit de regarder le monde et d'en comprendre sa fragile et instable mécanique.
Toi, et tes yeux en forme d'amande où brille l'éclat d'une constellation, sont comme ton cœur composé d'un morceau de l'univers.
Au fond du puits je vais chercher l'eau, je vois l'image de ton corps bouger.
Je ne veux te parler que d'une seule voix qui se noue à la lyre comme une grâce de la musique.

Tu as quelque chose comme tes baisers courant dans les rues de notre ville.
Dépose tes yeux comme la prophétie de l'oiseau le permet.
Je ne suis qu'un homme sauvage d'esprit où je te vois nue dans mes rêves.
Carnets d'Hypnos à te dédicacer sans penser à notre avenir.

Dans tes paysages, il y a l'écho des poulains hennissant entre les peupliers dans l'île aux feuilles de sureau, tels des totems.
Arrive et coule l'eau cristalline comme une clarté de lune.
Tu tardes à venir et puis tu veux rester.
Là est l'homme qui attend sa fiancée.
Sourire de la vague, éclat du soleil sur ton corps.
Ton petit âne pousseur de tombereaux de pomme ne fait pas attention aux grives qui fendent le nuage en deux parties, comme on fend une bûche de bois.
Toi ma bien-aimée tu sais tenir les paroles de l'oracle qui unissent nos deux corps en un soir d'hiver.

Comme une ascension vers toi de la montagne nommée pic aux étoiles, il y a une tour de guet gardienne de nos mémoires.
Là, mon cœur est brûlant d'accents d'amour.

Sur ta terre si épandue de rochers tels des bras de la terre, des rasades d'orage soufflent l'oranger.
Quand tant d'amour joint nos mains, sous notre fougue l'élixir de la terre parle comme le soleil et la lune se répartissent leurs apparitions, comme dans une pièce de théâtre.

Orchidées presque en fleurs comme des boutons aux roses du jour naissant.
Lumière du soir près de chez moi.
Je vois tout cela en pensant à toi.
Fenêtres de lumières d'appartements et de lampes de nuit.
Au port de la ville, pêche de la sardine et tamis à étoiles.

Le train passe et va au loin vers ce que je ne sais pas.
Les arbres s'arment de feuilles pour l'été.
L'ombre des toits sur les murs est parme.
Les roses sont composées de mon amour qui revient chaque jour de bon matin.
Couverts sur une table et coupe de céramique pour accueillir ce que tu as préparé qui sent le romarin et la cannelle.

Vers toi la Cythère du peintre Watteau et les céramiques d'Euphronios qui te racontent les aventures d'Ulysse comme on pose des pensées de peintres et de poètes.
Dans un champ d'oliviers le bruit des vagues qui murmurent leur complainte pleine de mélancolie évoquent les jours passés.
La nuit s'empare de nous et ne se délivre qu'à ton lever où tes vêtements attendent ton écharpe filant au vent d'hiver finissant.




Hommage à Louis Nallard (artiste peintre)



Terres d’ocre de soie et de sable où le corps humain se confond avec celles de la terre.
Algérie des poètes et des peintres qui souvent ne surent oublier ce qu’ils dirent comme dans un conte sorti d’une oasis née de nulle part.
Palmeraies d’or au vert turquoise, et toujours dans tes toiles cette terre nourricière d’orangers que tu goûtais à souhait.

L’onde du soleil est chaude mais aussi porteuse d’éclats de roches qui se mettent à luire comme une lampe.
Voie du lézard du désert, voix de l’âne hennissant qui pousse la roue à puiser l’eau.

La mer s’abaisse devant ces terres où le mauve de ses arbres en fleurs raconte des histoires.
Pêches du poisson au milieu des filets de lignes aux couleurs vertes.
Blanc du marbre sur des marches à conquérir le monde d’occident.

Le poète sait que l’amandier et le pistachier sont comme des couleurs qui se portent comme des étendards.
Hauts des nuages du ciel que l’on voit de loin.

Mauves des terres qui ne se composent qu’avec l’aube et la nuit que le peintre et le poète savent réunir en quelques touches de couleurs et de poésies.

Attends le message d’un soir où se brassent des couleurs d’outre mer.
Si présentes sont ces couleurs d’ocre comme des langueurs que l’on peut apparenter à des centaines de lieux et de rêves.

Louis tu mis dans tes toiles des tons venus de ta mémoire d’Afrique qui s’ouvre sur nos rêves que l’on ne peut oublier.




Hommage à Mariah Manton



Les branches de ton cœur sont plus longues que la poésie, comme plantées par un homme.
Les marais de la terre et les champs d'Algérie t'accompagnent dans tes collages, que l'on croit naître d'une poétesse aux pieds nus et habitant devant l'océan.

La poésie de ton cœur est habitée sous un figuier à la taille d'un géant.
Dans un arbre ce sont des gouttes de pluie retenues que tu fais goutter par tes mains de peintre.

Mais toi tu sais que tout ce que tu lègues en des terres d'Algérie et d'Espagne, est comme des phrases de poètes, où des femmes se parent de milles fards pour séduire leur homme.
Séduire une femme s'écrit comme séduire un homme.
Et de là naissent toutes les plantes du désert et de l'oued.

Collages d’un jour, d’un soir, venus de bouts de papier que tes doigts coupaient avec des ciseaux d’or, comme tu l’aurais fait pour une robe de jeune mariée algérienne.
Le vert de l’amandier parle de sa verdeur printanière et le figuier protège le puits.
Tout s’attend, tout se finit, mais aussi tout commence.
Tes papiers sont comme des bouts d’amour et des poésies que l’on pose sur une table pleine de citrons et d’oranges d’Espagne.

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Hommage à Bertrand Helleu



Il y a tant d'années et de lunes, nées d'une simple rencontre d'une réunion d'amicale, que je n'en compte plus les jours dans ma mémoire incertaine.
Mais tant de choses se sont passées qu'il devient inutile de les compter.
Peut-être d'ailleurs mieux vaut t'il oublier le temps passé, comme coule le sablier.
Ces souvenirs tissent, en autre, une amitié d'un jour où tu as créé pour moi ce qu'on appelle un site d'artiste.
Moi je ne croyais pas que ces œuvres pourraient apparaître, et se regarder à travers cette fenêtre du monde, qui se regarde comme les deux faces d'une lune.

Après vinrent tant d'artistes, qui se sont confiés à toi, pour présenter leurs œuvres nées de leurs mondes imaginaires.
Comme dans ces mondes d'artistes où l'on peut penser que la frêle marguerite se regarde en rêvant de sa secrète poésie, l'on peut espérer y voir des fleurs dévoiler leurs volutes nées de la création de la terre.